Entretien avec Jean-Christophe Chwat, Président du GPMSE Fédération

Le ministère de l’Intérieur vient de publier le Livre Blanc sur la sécurité intérieure. Les travaux avaient été lancés en mai 2019, autour de quatre groupes de travail, dont l’un portait sur le continuum de sécurité et un autre sur les évolutions technologies. Le GPMSE avait alors contribué aux réflexions, au mois de mars dernier, en remettant un rapport regroupant 12 préconisations argumentées, assorties de suggestions d’orientations, de mesures et de propositions d’évolutions législatives et réglementaires. Invité à une réunion organisée par le ministère de l’Intérieur, lundi 16 novembre, avec quelques autres représentants de fédérations professionnelles, associations et organisations, pour une présentation du Livre Blanc et le recueil des avis, le président du GPMSE Fédération nous livre son ressenti.
 « Une position plus affirmée de la sécurité privée dans le continuum de sécurité »

Ce Livre Blanc indique qu’il faut « tendre vers une position encore plus affirmée de la sécurité privée dans le continuum de sécurité », l’objectif étant de « ne plus se limiter à une coopération circonstancielle avec les forces de sécurité intérieure mais de faire émerger la sécurité privée comme un acteur à part entière du continuum. » Aussi, pour Jean-Christophe Chwat, ce document est porteur de trois bonnes nouvelles : « tout d’abord, il traite de la sécurité, de façon globale. En outre, le concept de continuum de sécurité, régulièrement relaté, est enfin acté. Par ailleurs, au travers de la reprise des termes « technologies », « innovation », apparaît un réel duo humain et technologies, une avancée particulièrement notable. »

 

 

« Si la profession semble avoir été entendue, nous restons attentifs…. »

Le Président du GPMSE se réjouit de constater que certaines recommandations, adressées aux Préfets Philippe Galli, rapporteur du Groupe 2 sur « Partenariat et continuum de sécurité » et Renaud Vedel, rapporteur du Groupe 4 sur « Les évolutions technologiques, en début d’année, puis reprécisées, lors de l’audition, ont été retenues. Parmi elles, la prise en compte « de la sensibilité particulière de nombreux métiers de la sécurité pour les faire entrer dans le champ du livre VI du code de la sécurité intérieure, relatif à la sécurité privée », dont les installateurs de dispositifs de sécurité. « Nous nous félicitons que le Livre Blanc considère cette nécessité. Nous le réclamons depuis des années, estimant cet enjeu essentiel. Cette acceptation est d’autant plus significative, pour notre profession, que la proposition de Loi relative à la sécurité globale, en cours de discussion au parlement, évoque simplement un rapport d’étape qui devrait être remis dans 18 mois… Cela ne ferait que retarder l’échéance. Or, il est urgent d’agir. »

Quant au sujet de l’encadrement et de la limitation du recours à la sous-traitance de plusieurs niveaux, véritable enjeu pour la sécurité humaine, « je rappelle que le secteur de la sécurité électronique doit en être exclu. En effet, tant en matière d’installation de système de sécurité, que de surveillance à distance (télésurveillance et télé-vidéosurveillance), les acteurs du monde de la sécurité électronique sont, par nature, des intégrateurs de solutions.  Aussi, dès lors que la sous-traitance s’organise autour de prestations globales, intégrées, il n’est pas judicieux d’introduire de restrictions excessives à la sous-traitance. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de prendre en compte notre compétence, en exemptant la sécurité électronique de cette mesure, comme il est évoqué dans ce document. »

 

 

« Un grand pas vers le changement… »

Jean-Christophe Chwat est persuadé que ce Livre Blanc marque un changement notable : « la sécurité privée, dans sa globalité, a eu toute sa place dans la genèse de ce document. Nous avons été écoutés et je veux croire que nous avons été entendus. En outre, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est engagé à utiliser ce document pour initier des réformes. Soulignons que ce texte a été remis au grand public, pratiquement en même temps qu’il fut présenté aux forces de l’état. Vraie preuve de transparence !

Par ailleurs, la réunion que j’ai eu avec le Cabinet du ministre, le 16 novembre, a été l’occasion de longs échanges. Cela prouve la place que prend la sécurité privée dans ce dialogue.

Aujourd’hui, le GPMSE est prêt à accompagner ce mouvement, que nous appelons de nos vœux depuis de nombreuses années. La sécurité privée a besoin de se régénérer, de se réinventer, tout particulièrement à l’aube des grands événements. En effet, nous sommes tous conscients que la technologie doit avoir toute sa place, aux côtés de la surveillance humaine, pour répondre aux besoins et pallier le manque d’effectif, à l’horizon de 2023 et de 2024. C’est dans ce contexte que nous suivrons avec grand intérêt les actions à venir, en lien avec le contenu de ce Livre Blanc. Nous continuerons d’apporter notre contribution pour signifier l’importance de la prise en compte de la sécurité électronique. »

 

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