Grâce à de nouveaux algorithmes et la multiplication de données (datafication), l’IA connait un réel essor. C’est dans ce contexte que le Chef de l’Etat a lancé, jeudi 29 mars, le plan Intelligence Artificielle. Celui-ci s’appuie sur le rapport, intitulé « donner un sens à l’intelligence artificielle », piloté par le député et mathématicien Cédric Villani. GPMSE Fédération revient sur les principaux éléments en lien avec les métiers de la sécurité électronique.

 

1,5 milliard d’euros en faveur de l’Intelligence artificielle

1,5 milliard d’euros sera alloué au Plan Intelligence Artificielle durant le quinquennat, a précisé le Président de la République, « entraînant directement 500 millions d’euros d’investissements privés supplémentaires, qui sera mis en œuvre pour accompagner l’émergence de ce grand pôle mondial de l’intelligence artificielle. » En outre, d’’ici 2024, 800 millions d’euros, à destination de la nanoélectronique, viendra s’ajouter au budget initial

 

Vers une meilleure exploitation des données et une ouverture de celles-ci

Le volume des données ne cesse d’augmenter. Or, l’intelligence artificielle offre « de nouvelles perspectives » notamment pour les professionnels de la défense et de la sécurité, comme permettre « à des opérateurs d’appréhender et d’exploiter la masse de données qu’ils ont à disposition », précise le rapport. « À titre d’exemple dans la recherche de contenu dans un ensemble de vidéos, quand il aurait précédemment fallu faire visualiser ces vidéos minute par minute par un ensemble d’opérateurs humains, il est aujourd’hui envisageable d’utiliser des techniques d’intelligence artificielle pour faire ce travail de façon automatique et beaucoup plus rapide », est-il reconnu. Reste donc, à présent, à faciliter ce développement, tant en favorisant les investissements pour recueillir ces données que ceux permettant d’en exploiter la production.

« Nous avons des bases de données centralisées massives pour nous positionner à la pointe de l’Intelligence Artificielle… » a déclaré le Chef de l’Etat, le 29 mars, en annonçant une ouverture proactive des données financées sur fonds publics ou de projets financés par l’Etat. Plus largement, le Président a évoqué l’ouverture d’une réflexion à l’échelle européenne sur l’accès aux bases massives des données privées et leur exploitation pour l’intérêt général. Ce, dans un cadre européen de protection des données personnelles, avec une réglementation très précise et préservant l’anonymat. Rappelant alors que le RGPD, règlement européen de la protection des données, dont l’entrée en vigueur est fixée au 25 mai 2018, est le bon cadre pour construire la réglementation, « usage par usage, pratique par pratique, dans un cadre transparent, loyal pour chaque citoyen ».

 

L’utilisation de l’intelligence artificielle : une nécessité pour assurer les missions de sécurité

« Dans les prochaines années, l’utilisation de l’intelligence artificielle sera une nécessité pour assurer les missions de sécurité… », est-il inscrit dans le rapport piloté par le député et mathématicien Cédric Villani et remis au gouvernement. L’application de l’IA, selon ce rapport, concerne notamment des « sujets du quotidien » dans le domaine de la sécurité. En outre, les rédacteurs mettent en exergue la nécessité d’une « collaboration entre le public et le privé » ainsi que l’émergence d’« écosystèmes de qualité ». Ce document révèle alors que ce domaine est « très mature et extrêmement riche en cas d’usage et données à haute valeur ajoutée pour des usages d’IA : imagerie (notamment satellitaire, drones, hyperspectrale), vidéos, signaux électromagnétiques (radars), renseignement, cybersécurité, robotique (aéronautique, marine, terrestre), données de maintenance, etc. Toutefois, pour des raisons légitimes de sécurité, de confidentialité et de faisabilité technique, il n’est pas toujours concevable de faire sortir complètement ces données du contrôle de l’État bien que le développement des technologies d’IA repose souvent sur l’alignement d’un triptyque connu : données, algorithmes et connaissances métiers […]. L’IA offre ici de nouvelles perspectives, car elle permet non seulement de mieux exploiter les données produites en continu par les systèmes, mais également de mieux exploiter le patrimoine amassé efficacement. […]. »

Néanmoins, dans ce rapport, le Député Cédric Villani a souhaité souligner le fait que, si l’IA « apporte une rupture technologique avec l’existant, elle impose de reconsidérer un héritage historique réglementaire et organisationnel qui pourrait freiner son développement artificiellement ». En effet, la protection de l’information classifiée dans le numérique mériterait « une réflexion approfondie afin d’en simplifier l’appréhension ; de plus, repenser « les contraintes de sécurité adaptées au contexte IA et big data » semble plus que nécessaire.

De ce fait, dans un contexte de cybermenaces grandissantes, ce rapport stipule « si les moyens d’analyse automatiques permettent jusqu’à présent de détecter des attaques déjà connues, la mise en œuvre de techniques d’IA permet aujourd’hui d’imaginer des capacités de détecter, parer voire répondre à des attaques qui étaient jusqu’alors inconnues. Alors que les modes opératoires des attaquants sont de plus en plus difficilement détectables par la seule capacité d’analyse des opérateurs humains du fait des temps longs et de la subtilité des signaux d’attaque produits, l’IA semble représenter une voie vers une meilleure protection de nos intérêts. »

« L’IA est au cœur des métiers que représente GPMSE Fédération et nous nous intéressons de très près à ces évolutions technologiques depuis plusieurs mois. Aussi, nous allons accompagner nos adhérents vers ces nouvelles priorités et opportunités, en mettant en place différentes actions », déclare Jean-Christophe Chwat, Président GPMSE Fédération et Vice-Président FFSP.

Pour télécharger le rapport, cliquez ICI

Rédigé et publié par Virginie Cadieu – le 03 avril 2018

 

 

 

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