« Son ADN : être à l’écoute de ses clients et grâce à une innovation permanente, leur permettre de saisir de nouvelles opportunités de marchés ou d’optimiser leur rentabilité » 

Fondée en 1999, ESI, adhérente du GPMSE, vient de fêter ses vingt ans. Développant des solutions logicielles clé en main pour les stations centrales de télésurveillance, téléassistance, vidéosurveillance et centres d’appels, sa croissance, tant externe qu’interne, ne cesse de progresser. A l’occasion de cet anniversaire, ses dirigeants, cofondateurs, reviennent sur l’histoire de cette belle entreprise et expliquent les raisons de cette réussite.

Une rencontre et le début d’une aventure entrepreneuriale

Si les co-fondateurs d’ESI n’ont pas démarré dans un garage, à la manière de Steve Jobs, nous n’en sommes pas très loin, Philippe Camilleri, Directeur Général Délégué, se rappelant « l’aventure a commencé dans mon salon, transformé en bureau. Je dormais à côté de mes ordinateurs et mes analyseurs de protocoles. » Claude-Philippe Neri, Président Directeur Général, ajoute alors : « nous nous sommes rencontrés alors que nous travaillions, chacun, à l’époque, pour une société différente ; néanmoins, nous étions déjà, tous les deux, dans le secteur de la sécurité et de la télésurveillance. En échangeant, nous avons découvert que nous avions des ambitions communes. En outre, l’expertise de Philippe, ingénieur en informatique et télécom, venait compléter la mienne, ayant certes, de bonnes connaissances en informatique, mais surtout ayant acquis, au cours de mon parcours professionnel, de belles compétences commerciales. Une succession d’opportunités nous ont, alors, permis de créer une structure. » « ESI est l’alliance de deux compétences, l’envie commune de créer une structure et une opportunité du marché concernant la commercialisation de produits très ouverts, multi protocoles », convient Philippe Camilleri.

 

« Les lettres qui composent ESI déterminent notre stratégie » expliquent les cofondateurs ▪ European : l’ambition d’être européen, dès la création. ▪ Systems : notre choix s’est toujours orienté vers les systèmes à forte valeur ajoutée et à grande technicité ▪ Intégration : d’une part, intégrer nos solutions, les maintenir et les faire évoluer, pour mieux accompagner nos clients dans leurs projets. D’autre part intégrer des projets en mode partenarial, une ouverture permettant l’intégration de multiples éléments.

A l’instar de F1(1), créé en juillet 1997, ESI proposait la solution V1, quelques mois après sa création. Le début d’un enchainement d’innovations…

La solution V1 est un projet qui a remporté, très vite, « l’adhésion de nombre de nos clients », nous informe Claude-Philippe Neri. Et d’expliquer « Au départ, nous pouvons parler de convergence de points de vue. Philippe, comme moi-même, avons été sollicités par différents clients signifiant leurs besoins en communication multiprotocole et nous étions convaincus, tous les deux, qu’il fallait tendre vers une ouverture maximale des systèmes, pour répondre aux tendances du marché.  C’est ainsi que nous avons décidé de créer le produit V1, premier système client-serveur vidéo multi-constructeurs, permettant d’effectuer les fonctions de vidéosurveillance et de levée de doute, notamment pour des télésurveilleurs bancaires ». « Nous partageons, Claude et moi-même, l’envie d’améliorer, constamment, nos systèmes et services, voire de refondre totalement nos produits lorsque nous le jugeons nécessaire, souligne Philippe Camilleri. C’est ainsi que nous avons, par exemple, réécrit quasiment l’intégralité des applications M1 en environnement Client léger (Web). Lorsque nous sommes entrepreneurs, il est indispensable d’être en veille, à l’écoute et savoir prendre les virages au bon moment. Nous avons cette capacité et la réactivité nécessaire. C’est le cas, par exemple, de la technologie Deep Learning. Nous nous y sommes intéressés il y a un peu plus de trois ans… Alors, arrive le temps du développement, puis vient celui de l’adaptation, de l’appropriation de la technologie, celui de la constitution des équipes et enfin celui de la mise en place de partenariats… Les produits sont aujourd’hui opérationnels, sur le marché, notamment en vidéo. »

« A l’heure actuelle, ESI investit entre 12 et 15 % de son Chiffre d’Affaire en recherche et développement. Nous avons embauché 4 data scientists. L’objectif est de concevoir et développer des technologies que l’on s’approprie et surtout que l’on adapte aux besoins de nos clients, pour une intégration globale. Ainsi, nous les accompagnons dans leur développement et l’amélioration de leur profitabilité » confie Claude-Philippe Neri.

Dès 2004, ESI se tourne vers l’export, qui représente aujourd’hui 44% de son CA

SI ESI se tourne vers l’export en 2004, il est nécessaire de rappeler que, dès la création de la société, la volonté de ces deux dirigeants était de s’adresser à un marché, a minima, européen. « Le développement vers l’international a connu trois grandes phases. Tout d’abord, nous avons saisi une opportunité. En effet, un client français nous a présenté à ses confrères étrangers. C’est ainsi que nous avons, peu à peu, répondu à des besoins émanant de relations de nos clients, dans des pays francophones. Ils concernaient, principalement, la Suisse, le Maghreb et la Belgique. Puis, nous avons décidé d’embaucher des collaborateurs parlant couramment deux langues, voire trois. Ce qui nous a permis de prospecter dans des pays européens non francophones. De ce fait, nous avons internationalisé l’ensemble des logiciels, leur documentation, ainsi que les équipes techniques », détaille le PDG d’ESI. « Très tôt nous avons remarqué que le niveau technologique demandé en France était le plus exigeant, comparé à l’ensemble du marché européen. De ce fait, nous sommes extrêmement à l’aise, lorsque nous prospectons à l’étranger. Certes, nous adaptons et ajoutons quelques protocoles, lorsque cela s’avère nécessaire, mais l’ensemble de la solution correspond parfaitement à ce type de marché » précise le Directeur Général Délégué.

Les dirigeants expliquent alors qu’ils sont, aujourd’hui, très fortement implantés dans les pays germaniques comme l’Autriche, l’Allemagne… « Une de nos collaboratrices est dédiée à ce marché. Le nord de l’Europe est également assez dynamique. Ainsi que le Maghreb. » « Si l’export fut une volonté commune, dès l’origine, il représente également un réel bénéfice pour le marché français, nous confie Philippe Camilleri. Ainsi, après avoir créé une filiale en Angleterre, nous avons été confrontés à un mode de fonctionnement inexistant, à cette époque, en France : le CCTV monitoring. Considérant que ce métier connexe, à forte valeur ajoutée, pouvait intéresser nos clients français, en leur offrant des services différenciants, nous avons souhaité importer cette pratique dans l’hexagone, il y a environ six ans. Nous avons alors convaincu un certain nombre de nos clients. Ceux-ci sont devenus des précurseurs en matière de Cyberguarding. »

En 2013, ESI fait l’acquisition de la société ARGOS

Les fondateurs d’ESI expliquent les raisons de ce choix : « à cette époque, nous souhaitions nous adresser aux stations de sécurité locale et aux centre de supervision urbaine. Or, nos produits n’étaient pas adaptés à ce type de marché. Grâce à cette acquisition, nous avons pu offrir des produits appropriés, nativement compatibles avec nos systèmes centraux installés dans les stations de télésurveillance ; produits alors consolidés avec nos technologies. » Et de préciser : « notre métier de base étant la télésurveillance, il nous a toujours importé de développer des produits permettant de valoriser notre client traditionnel. »

Les perspectives et la stratégie de demain…

Les deux dirigeants sont unanimes : « la vie de la société est rythmée par la veille, l’écoute, l’innovation, la perpétuelle recherche d’opportunités, en fonction des tendances du marché et des besoins du client. En outre, en tant que PME, notre agilité est une vraie force. » Quant à la possibilité de réaliser de nouvelles acquisitions, cette stratégie est clairement définie « aujourd’hui, nous nous intéressons à une potentielle acquisition lorsque trois conditions sont réunies : tout d’abord, l’activité doit être rentable. De plus, elle doit nous permettre d’acquérir une nouvelle compétence. Enfin, l’acquisition d’une nouvelle zone de chalandise doit être rendue possible. Nous étudions et sommes à l’écoute d’opportunités qui pourraient se présenter à nous… »

(1) Frontal Multi protocoles emblématique

 

 

Rédigé et publié le 03 octobre 2019 par Virginie Cadieu

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