Dans son rapport, rendu public lundi 11 mai 2020, Jean Castex, haut-fonctionnaire chargé de coordonner la stratégie de déconfinement met en garde : « un reconfinement en urgence doit être anticipé », prévient-il. « En l’absence, à brève échéance, de vaccin ou de solution curative, la population française demeure vulnérable à une reprise de l’épidémie », souligne t-il.

En introduction, après avoir défini les critères et autres fondements de la sortie du confinement, ce rapport précise la stratégie globale de sortie de confinement.

« Il s’agit prioritairement de préserver la santé des Français tout en permettant la reprise de la vie, notamment économique, du pays, car il en va de la préservation de leur situation sociale. Les incertitudes scientifiques, elles-mêmes en large part liées à l’imprévisibilité du virus, ajoutent à la difficulté de concilier ces deux objectifs. Dans certains secteurs, au premier rang desquels celui des transports en commun dans les zones urbanisées, cette conciliation va s’avérer particulièrement difficile. Mais ce sont ces objectifs prioritaires qui assurent la cohérence de l’ensemble du plan proposé, et dont doivent procéder les différentes mesures d’application.

C’est pourquoi, si l’amélioration de la situation sanitaire rend aujourd’hui possible et souhaitable la relance de la vie économique et sociale de la nation, il est indispensable de conserver un niveau très élevé de vigilance. La possibilité d’une réversibilité des mesures doit ainsi toujours pouvoir être offerte et l’éventualité d’un reconfinement en urgence doit rester dans les esprits et être anticipé par les pouvoirs publics. La préparation de cette éventualité incombe au premier chef au ministère chargé de la santé, mais d’autres ministères doivent y être étroitement associés, à la fois pour prévoir des dispositifs d’accompagnement sociaux et économiques de la nature de ceux mis en place durant la période de confinement et pour mieux prévenir les risques psycho-sociaux du confinement, aujourd’hui mieux connus.

D’où les maîtres mots du plan de déconfinement proposé : progressivité, vigilance et adaptabilité.

Un déconfinement progressif

« Le risque de deuxième vague impose d’engager la sortie du confinement avec prudence. La levée des mesures restrictives devra donc être progressive. C’est en gravissant les marches les unes après les autres qu’il faudra avancer. Le 11 mai ne marquera pas la fin de l’épidémie mais le début d’une nouvelle étape, qu’il vous est proposé de fixer du 11 mai au 2 juin 2020 et au cours de laquelle les mesures de confinement seront levées avec prudence et mesure. L’objectif premier est de relancer l’activité économique du pays, tout en maintenant un très haut niveau de vigilance sanitaire.

Début juin, une deuxième phase pourra s’ouvrir, en fonction de l’évolution de l’épidémie. Il sera possible de lever d’autres mesures restrictives et d’envisager la réouverture d’activités restant fermées le 11 mai. Cela suppose de disposer d’outils épidémiologiques permettant d’assurer le suivi le plus fin possible de la situation sanitaire, si possible dans un cadre territorialisé. Le Conseil scientifique pourrait être sollicité, en lien étroit avec le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), Santé publique France (SpF) et la direction générale de la santé (DGS), pour émettre des recommandations sur le principe et le périmètre de la phase qui s’ouvrira le 2 juin prochain, au vu des résultats de ces indicateurs et de ce suivi…. »

Retrouvez le plan de préparation de sortie de confinement ICI

Publié le 11 mai 2020

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